Un peu de moi

C’était en 1969 à Saint Malo.
J’étais en CM1, que l’on appelait alors 8ème, et l’on devait aller visiter l’île du Grand Bé, dernière demeure de Chateaubriand.

J’arrivais en classe, devant les yeux éberlués de mon instituteur, Monsieur Duchemin,  avec le magnifique appareil photo reflex Voigtländer Bessamatic que mon père, je ne sais toujours pas aujourd’hui pourquoi, m’avait confié à cette occasion.

Pellicule noir et blanc, je tourne une bague pour que cela soit net au milieu et que les lignes verticales ne soient pas coupées, je tourne un bouton pour mettre une aiguille dans un rond, j’expire doucement en appuyant sur le déclencheur comme me l’avait appris mon papa pour éviter le flou de bougé, et les photos sont bonnes.

Depuis cette initiation, la photographie ne m’a jamais quitté, depuis mon premier Instamatic jusqu’aux Reflex numériques d’aujourd’hui, en passant par  l’agrandisseur et l’ampoule rouge de mon adolescence  installés tant bien que mal dans un cagibi. De la photo de rue, de l’animalier, du studio, j’ai à peu près touché à tout.

Professionnellement, j’ai d’abord suivi d’autres voies, en essayant de ne jamais me laissé enfermer dans une case. J’ai enseigné, fait de la recherche, dirigé des entreprises… Lors de chacune de ces expériences, j’ai été frappé par le langage des yeux et le langage du corps avec lesquels mes interlocuteurs m’en disaient infiniment plus qu’avec des mots, et souvent bien involontairement.

J’ai un jour décidé d’additionner ces expériences professionnelles, humaines et photographiques pour fonder un studio photo.

Thierry Nkaoua