Délai de livraison des photos

Mais que faites-vous pendant un mois?

Lorsque je distribue aux invités les flyers sur lesquels figure l’adresse de la future galerie photo du mariage, bon nombre de personnes sont très étonnées du délai annoncé de 2 à 6 semaines.

Pour répondre à cette question, voici donc les opérations qu’un professionnel effectue sur les photos.

Sauvegardes!!

Tout d’abord, il est nécessaire de transférer sur un ordinateur les milliers de photos prises pendant le mariage cela prend quelques heures, même en USB 3. Chacune de mes photos fait 50 Mo avec mon matériel actuel, je vous laisse faire les calculs.

Ces « originaux » sont sauvegardés sur une « dropbox » internet. Encore plusieurs heures. Puis sauvegardés une seconde fois sur un disque dur local. Encore un bon moment.

Tant que ces sauvegardes ne sont pas effectuées et vérifiées, je ne commence aucun travail sur les photos.

Visualisation/tri/sélection

La seconde opération, longue, consiste à visualiser les milliers de photos prises, à les trier, et à sélectionner ce que j’estime être les meilleures, entre 300 et 600. Cette opération de visualisation/tri/sélection prend plusieurs heures.

Pourquoi des milliers de photos? Parce que certains moments nécessitent des prises de vue en rafale à 20 images par seconde (sortie de mairie/église par exemple), que je fais a minima 3 photos pour chaque « groupe » parce que yeux fermés et/ou « drôle de tête », et qu’enfin, la plupart des mariés souhaitent des photos de « tous » les moments de leur mariage.

Le post-traitement

Ensuite arrive le « post-traitement », opération peu connue du grand public en dehors des « filtres » Instagram.

Cette opération de post-traitement, elle est effectuée par tous les appareils photos numériques quand on sort directement les photos en format « jpg ». C’est l’opération qui consiste à décider comment les courants électriques générés par le capteur de l’appareil photo sont transformés en pixels et photo. Quand on sort ses photos directement en format jpg, c’est un ingénieur à 10000 km qui a décidé comment cette opération allait être effectuée, avec éventuellement un certain nombre de variantes possibles comme « paysage », « intérieur », « ensoleillé, « ombre », etc.

Un photographe professionnel choisit lui-même la manière dont cette transformation est effectuée. De mon boitier, ce sont des formats « raw » qui sortent, aucun jpg, parce que c’est le seule moyen de disposer d’une totale liberté de post-traitement.

Il y a des centaines de paramètres et une infinité de choix possibles. Outre les 2 paramètres de luminosité et contraste que presque tout le monde connait, il y a aussi la balance des blancs (quelle est la « température » de la lumière, la prochaine fois que vous achetez des ampoules, lisez l’emballage…), le niveau des basses et hautes lumières, la profondeur des noirs et l’éclat des blancs.

Mais ce n’est pas tout, et de très loin. Quelle est la saturation, la teinte, et la luminance des couleurs (le rouge est rouge comment?).

Il existe aussi des paramètres techniques concernant la netteté de photo. Il ne s’agit pas de rendre nette une photo raté parce que le sujet ou le photographe a bougé, mais de définir comment on passe d’une zone à une autre, d’un objet à un autre. Si l’on passe « brutalement » d’une zone à une autre, on renforce l’impression de « photo au scalpel », si on « l’étale », on donne une plus grande impression de « douceur ».

Vient une partie plus « artistique » et encore plus personnelle. On peut aussi décider de légèrement teinter tout ce qui est « hautes lumières » (les zones très éclairées de la photo) et basses lumières (les ombres).

Enfin, et c’est en fait l’un des points essentiels de la photo: l’oeil humain ne voit pas comme un appareil photo. Quand l’oeil se « déplace » vers une partie sombre d’une scène, la pupille se dilate pour mieux la voir, au contraire quand l’oeil se déplace vers une zone éclairée, la pupille se contracte. La mémoire d’une scène est en fait la superposition de tous ces différents points de vue de l’oeil.

Mais le pauvre appareil photo, lui, in ne voit qu’une seule scène, avec une seule « ouverture » de son oeil pour toute la scène. Pour certaines photos, on peut avoir un intérêt, technique et artistique, à modifier, en post-traitement, les paramètres de prise de vue, « zone par zone: éclairer davantage ou au contraire obscurcir encore plus une zone sombre.
Ces traitements « zone par zone » peuvent être menés sur tous les paramètres précédemment décrits…

Je vais m’arrêter là pour cet aperçu du post-traitement.

Quel logiciel pour mener à bien ces opérations?

On parle souvent de Photoshop. C’est une erreur. La seule raison de cette « popularité » est que la plupart des amateurs ont réussi à disposer d’une version piratée de Photoshop.

Mais Photoshop est un « monstre », un logiciel « énorme » dont la philosophie et l’ergonomie (très vieillissante) sont dirigées vers les « montages » de photos (remplacer un ciel par autre par exemple). Photoshop dispose d’outils très puissants pour remplacer des parties d’une photo par autre chose. Je m’en sers par exemple pour enlever une ligne électrique dans un ciel, un extincteur ou un panneau lumineux vert « sortie » dans une salle de mariage. Mais ce n’est vraiment pas un outil adapté pour « développer » une photo.

J’utilise Lightroom du même éditeur, Adobe, que Photoshop. Il existe d’autres logiciels de développement, Affinity Photo sur Mac, Capture One, Phocus, etc. Je ne peux naturellement pas tous les citer.

Pour en revenir à la question initiale: « pourquoi ce délai de livraison des photos? » Pour un reportage de mariage complet, il me faut entre 40 et 60 heures de post-traitement, hors opérations de sauvegardes, de visualisation, de tri et de sélection.

ll est peu recommandé de passer plus de 2 ou 3 heures d’affilée à post-traiter devant un écran, parce que la fatigue visuelle fait faire des erreurs et oblige à reprendre de zéro ce qu’on a « raté ».

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